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Exemple de solution de rechange : la première école primaire de trois étages en bois au Canada

24 novembre 2021

Le Code limite actuellement la construction combustible à 2 étages en ce qui concerne les usages principaux du groupe A (établissement de réunion) et de la division 2 qui englobe les écoles. Que faire alors pour construire une école de niveau primaire ayant trois étages et plus? Dans une situation où les solutions acceptables de la division B du Code ne permettent pas l’utilisation du bois dans un projet, la Loi sur le bâtiment permet à une équipe de conception de soumettre une solution de rechange à la Régie du bâtiment du Québec (RBQ). C’est ce qu’ont choisi de faire les concepteurs de la nouvelle école Vauquelin, située dans le Vieux-Longueuil, qui est devenue la première école de trois étages en bois au Canada.

Une école de trois étages comporte certains avantages par rapport à une de deux étages. « Les terrains propices à l’implantation de nouvelles écoles sont de plus en plus rares et coûteux dans ce secteur, explique Benoit Beland, architecte, qui a travaillé sur ce projet. C’est la raison pour laquelle l’aménagement d’une école de trois étages dont l’implantation au sol est réduite par rapport à une école de deux étages a été privilégié. »

Par souci écologique et pour favoriser le bien-être des élèves, une structure en bois a été considérée dès le début du processus de conception malgré le fait que le Code limitait la construction en bois à deux étages pour les écoles primaires. « L’idée que le bois réduise l’empreinte environnementale du bâtiment et qu’il soit laissé apparent à l’intérieur de l’école a généré beaucoup d’enthousiasme au sein de l’équipe! », se souvient Benoit Béland.

La conception d’une école de trois étages permettant l’intégration d’une structure en bois a d’abord été faite à l’interne au Centre de services scolaire Marie-Victorin, toujours dans l’optique que les concepts développés démontrent que le bâtiment serait sécuritaire et que sa construction serait réalisable d’un point de vue autant technique, fonctionnel que budgétaire.

Une étude préliminaire a permis de déduire qu’une structure en bois d’ingénierie composée de solives et de poutres supportant des planchers en dalles de bois pouvait permettre d’obtenir une hauteur totale de bâtiment réduite, et ce, tout en procurant une hauteur de locaux adéquate par rapport à une école où la structure est composée de poutrelles d’acier. Dans un contexte où la hauteur de l’école faisait partie des discussions avec la Ville et le voisinage, cette donnée est devenue bénéfique pour l’équipe de conception. Les ingénieurs ont contribué à l’optimisation des hauteurs en proposant des systèmes libérant le plafond des classes de tout conduit de ventilation, mettant ainsi la structure de bois en valeur. D’un point de vue budgétaire, les choix faits par les concepteurs visant à réduire la hauteur du bâtiment ont contribué à réduire les surfaces d’enveloppe extérieure, la hauteur des escaliers et le volume d’air ambiant à traiter, pour ne nommer que ces éléments.

Soumettre une demande de mesure équivalente : le processus

Dans le cas de l’école Vauquelin, la mesure équivalente a été préparée par la firme Technorm en collaboration avec le Centre de service scolaire et Leclerc architectes et financée par le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs. L’équipe de conception a dû démontrer que sa proposition de trois étages en bois massif était toute aussi sécuritaire que si le bâtiment était incombustible.

Une méthode scientifique reconnue pour démontrer que la solution de rechange est sécuritaire est l’utilisation d’outils informatiques performants effectuant des modélisations incendie dans le bâtiment proposé. « Ces simulations incendie comparent une version du bâtiment conforme au Code à la solution proposée, explique Marc-André Langevin, ingénieur et président de Technorm. Certains paramètres précis sont analysés (température et dégagement de chaleur, niveau de fumée et produits toxiques, temps pour atteindre l’embrasement, etc.) pour s’assurer que la solution de rechange soit au moins aussi sécuritaire que la solution acceptable selon les exigences prescriptives du Code. »

Durant ce processus de modélisation, l’équipe de conception doit s’ajuster pour trouver le bon équilibre entre sécurité et coût pour le client, dans ce cas-ci le Centre de services scolaire. Les professionnels doivent évaluer les différentes possibilités, telles que l’ajout d’un système de ventilation des fumées, de gicleurs ou d’alarme incendie plus performants, d’un pourcentage maximum de bois apparent, de l’aménagement des moyens d’évacuation ou autre afin de trouver la meilleure solution pour le projet.

« Cette méthodologie a permis d’avoir 75 % de la surface de bois apparent aux plafonds des classes et un gymnase avec un plafond 100 % en bois apparent », précise Marc-André Langevin. À plusieurs endroits à l’intérieur et à l’extérieur du bâtiment, des poteaux et des poutres en bois lamellé-collé ont aussi pu être laissés apparents.

L’équipe de conception doit ensuite présenter son dossier justificatif à la RBQ. Elle doit d’ailleurs remplir un formulaire dédié à ce genre de demande et disponible sur le site de la RBQ (https://www.rbq.gouv.qc.ca/domaines-dintervention/batiment/les-mesures-equivalentes-et-les-mesures-differentes/demande-de-mesures-equivalentes-ou-de-mesures-differentes.html).

Des délais supplémentaires par rapport à une solution acceptable sont à prévoir pour l’équipe de conception, selon la complexité de la solution proposée.

Dans le but d’encadrer la présentation des demandes, la RBQ a publié le Guide de présentation d’une demande de mesures équivalentes ou d’une demande de mesures différentes.

Ce guide décrit ce qui distingue une demande de mesures équivalentes d’une demande de mesures différentes et comprend notamment de l’information sur le processus de traitement des demandes et sur les documents à joindre à celles-ci. Des entreprises spécialisées en code et en normes peuvent également apporter un soutien aux équipes de conception.

Lors de son ouverture en janvier, l’école Vauquelin grouillera d’élèves pouvant bénéficier des bienfaits de la structure en bois dans ces nouveaux espaces qu’ils devront fréquenter tous les jours. Tout ça, grâce à la vision, à la persévérance et à la rigueur de l’équipe de projet.